C’est l’une des situations les plus fréquentes en instruction en famille. Au départ, tout se passe plutôt bien. Puis, progressivement, l’enfant traîne des pieds, repousse le travail, s’énerve ou refuse simplement de s’y mettre. Les journées deviennent tendues et le parent finit par douter de ses choix.
Après plus de vingt-cinq ans d’accompagnement d’élèves, et en tant que parent et enseignant nomade, j’ai rencontré cette situation dans de nombreuses familles. Elle est difficile à vivre, mais elle n’est ni anormale, ni irréversible.
Quand un enfant refuse de travailler, ce n’est jamais par hasard
Un refus de travailler n’est presque jamais un simple caprice. Il est souvent le signe d’un malaise plus profond. L’enfant peut se sentir dépassé par une notion qu’il n’ose plus aborder, manquer de repères clairs ou être fatigué par une organisation qui ne lui convient plus.
En IEF, l’absence de cadre scolaire classique peut parfois accentuer ce phénomène. Le travail se fait à la maison, avec le parent, et la frontière entre vie familiale et scolarité devient floue. L’enfant peut alors associer le travail à une contrainte permanente, sans espace de respiration.
Les erreurs fréquentes face à ce blocage
La première réaction, souvent naturelle, consiste à insister davantage. On répète, on explique encore, on allonge le temps de travail. Malheureusement, cette stratégie produit souvent l’effet inverse. Plus on insiste, plus l’enfant se braque.
Une autre erreur consiste à relâcher complètement le cadre, dans l’espoir que la motivation revienne d’elle-même. Là encore, le risque est grand de voir les lacunes s’installer, renforçant le sentiment d’échec.
Enfin, beaucoup de parents finissent par culpabiliser, se demandant s’ils ont fait le bon choix en optant pour l’IEF. Cette culpabilité ajoute une pression supplémentaire, perceptible par l’enfant.
Ce que je constate sur le terrain
Dans la majorité des cas, le refus de travailler apparaît lorsque l’enfant se sent seul face à ses difficultés. Il n’ose plus poser de questions, a peur de mal faire ou ne comprend plus vraiment ce qu’on attend de lui.
Chez les familles nomades ou expatriées, ce phénomène peut être renforcé par les changements de rythme, de pays ou d’environnement. L’enfant perd ses repères et le travail scolaire devient une source d’angoisse.
Ce qui fonctionne réellement pour sortir de l’impasse
La première étape consiste à rétablir un cadre clair et rassurant. Cela ne signifie pas rigidifier excessivement l’organisation, mais redonner des repères simples, stables et prévisibles.
La deuxième étape est souvent de réintroduire un regard extérieur. Lorsqu’un enfant peut poser ses questions à un tiers, extérieur à la famille, la relation parent-enfant s’apaise. Le parent cesse d’être perçu comme le seul porteur de la contrainte scolaire.
Enfin, il est essentiel d’agir avant que les difficultés ne s’installent durablement. Plus on attend, plus le décrochage devient difficile à rattraper.
Le rôle d’un professeur référent en IEF
Dans ce type de situation, l’intervention d’un professeur référent permet souvent de débloquer les choses rapidement. L’enfant peut poser ses questions librement, recevoir des explications claires et être rassuré sur sa compréhension.
Un accompagnement pédagogique continu permet de répondre aux difficultés au fil de l’eau, sans imposer un rythme de cours lourd. Lorsque le blocage est plus important ou ancien, un suivi hebdomadaire en cours particuliers peut être nécessaire pour reconstruire des bases solides.
L’objectif n’est pas de surcharger l’enfant, mais de lui redonner confiance et de l’aider à reprendre le contrôle de ses apprentissages.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Un passage à vide ponctuel est normal. En revanche, si le refus de travailler s’installe dans la durée, s’accompagne d’anxiété, de colère ou d’un rejet total des apprentissages, il est important d’agir rapidement.
Plus l’accompagnement est mis en place tôt, plus il est efficace et léger.
Aller plus loin
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La page Questions fréquentes – Parents apporte également des repères utiles sur les choix d’accompagnement et leur fonctionnement.
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